Ville amie des oiseaux (VAO)

Dernière modification: mardi 23-mars-21 08:46:53 EDT Jean-Marc Emery

Ville amie des oiseaux, c'est quoi ?

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L'organisme Nature Canada a lancé un programme qui permet à des villes de devenir Ville amie des oiseaux. La logique est simple : permettre aux villes intéressées de recevoir une certification Ville amie des oiseaux si elles se conforment à une série de critères (voir les détails sur la page VAO du site de Nature-Canada) et d'engagements (par exemple célébrer la Journée mondiale des oiseaux migrateurs).

Gatineau sera-t-elle la première ville québécoise certifiée « Amie des oiseaux »?

Une petite équipe de citoyens de Gatineau, dont plusieurs membres du COO, s'est mise à la tache durant l'hiver 2020-2021. L'équipe s’est constituée à la suite d'un café-citoyen sur l'ornithologie organisé dans le cadre de la consultation Gatineau Autrement en octobre 2020. Les participants y avaient proposé une série d’idées et de suggestions pour faire de Gatineau une ville où, non seulement on pratique le loisir ornithologique, mais où les oiseaux et la biodiversité sont protégés et où la participation citoyenne est encouragée.

L’idée de Ville amie des oiseaux a été évoquée et le lien a été fait avec le programme de Nature Canada. Ce programme est récent, mais plusieurs villes canadiennes, dont Vancouver, Calgary, Windsor, Toronto et Halifax, ont entrepris des démarches en vue de leur certification.

Pourquoi vouloir devenir Ville amie des oiseaux ?

Parce que cette certification apporte des avantages significatifs à toute ville qui tient au bien-être de ses citoyens dans un milieu de vie épanouissant et respectueux de la vie sous toutes ses formes.  

  • Biodiversité et protection de l’environnement

Les scientifiques s'intéressent de plus en plus à la biodiversité dans les villes. Les efforts consentis pour aimer les oiseaux contribuent à la connaissance, à la préservation et à la restauration de la biodiversité. Les oiseaux ont besoin d’air, d’eau, d’habitats (arbres, champs, milieux humides) exempts de pollution, de nourriture non contaminée, de lieux de reproduction sécuritaire et de passages migratoires sans menaces. En aimant les oiseaux, on lutte contre les changements climatiques et on trouve des solutions pour remédier à la situation. 

À Gatineau, ce n’est pas pour rien que le Plan d’action de la politique environnementale utilise un pictogramme d’oiseau pour représenter la biodiversité. Car Gatineau est riche de ses oiseaux et les oiseaux sont un élément essentiel de la biodiversité.

Certains secteurs de la Ville sont réputés pour la diversité et la quantité d’espèces que l’on peut y observer. Migrateurs, nicheurs ou visiteurs exceptionnels, ce sont plus de 300 espèces d'oiseaux qui ont déjà été répertoriées sur le territoire de la Ville, soit davantage qu'au Parc naturel de Plaisance, pourtant reconnu pour son potentiel ornithologique. Le secteur Deschênes fait partie d’une ZICO (zone importante pour la conservation des oiseaux) qui s’étend vers l’ouest; la Forêt Boucher, le parc Brébeuf, le parc du Lac Leamy, le parc du Marais de Touraine, le Parc du Lac Beauchamp et le parc du Landing sont également des refuges naturels pour les oiseaux, sans compter les forêts et les terrains adjacents au Parc de la Gatineau et tous les marais qui s’étendent de la Baie McLaurin jusqu'à Masson-Angers et au-delà. En fait, le site eBird recense plus de 60 «meilleurs sites publics» à Gatineau pour l'observation des oiseaux!

  • Économie

L’ornithologie est une activité économique en croissance qui profite aux centres jardin et autres commerçants qui mettent à la disposition du public : équipement spécialisé (jumelles, appareils photo), mangeoires et nichoirs, livres et revues, nourriture pour oiseaux. À cela s’ajoutent les dépenses des ornithologues lors de leurs sorties et rencontres.

L’intérêt pour les oiseaux est également très fort chez une autre tranche de la population : les amateurs de chasse à la sauvagine, une activité reconnue pour son apport économique important. La collaboration chasseurs-ornithologues peut paraître paradoxale à première vue, mais les deux dépendent de la protection des habitats, d’aires migratoires bien aménagées et, surtout, de la présence des oiseaux eux-mêmes. Les uns comme les autres en profitent selon leurs intérêts respectifs: les chasseurs, en automne, et les ornithologues toute l’année. La collaboration entre les clubs d’ornithologie et Canards Illimités en est une preuve éloquente.

  • Tourisme et écotourisme

Nombre d’ornithologues dépensent des montants importants pour des sorties ou des voyages ornithologiques un peu partout sur la planète, et notamment au Québec.

Une certification Ville amie des oiseaux signale aux touristes que la protection de l’environnement, des parcs et des milieux naturels est prise très au sérieux par la Ville. Cela signifie qu’une visite à Gatineau peut se faire sous le signe d’un contact étroit avec la nature et la garantie qu’on pourra y observer des oiseaux en toute saison. L’accès facile aux sites propices à l’observation est un avantage non négligeable pour une ville comme Gatineau.

Des activités ornithologiques à l’intention des touristes pourraient ainsi être organisées avec les milieux du tourisme, en collaboration avec des ornithologues amateurs ou spécialisés. Le site spécialisé BirdingPal contient déjà quelques noms d'ornithologues de la région qui peuvent accompagner des ornithologues d'ailleurs.

  • Socialisation et engagement

Le loisir ornithologique encourage la socialisation de personnes de toutes origines, de tous âges et tous milieux économiques. Jeune ou aîné, en pleine santé ou vivant avec un handicap, chacune et chacun peut devenir ornithologue amateur et observer des oiseaux depuis une fenêtre de la maison, lors d’une randonnée en nature ou en s’installant près de mangeoires aménagées par le Club des ornithologues de l’Outaouais (COO).

Partager ses découvertes, demander de l’aide et des conseils à d’autres ornithologues pour trouver et identifier de nouvelles espèces, diffuser ses photos d’oiseaux sur les réseaux sociaux, toutes ces activités nourrissent un réseau social qui célèbre la nature et la faune aviaire. De nombreux ornithologues partagent ainsi leurs photos et observations sur des pages Facebook telles que Ornithoquébec, Des oiseaux à la maison ou Les oiseaux de l'Outaouais, faisant ainsi valoir la diversité d'oiseaux que nous avons à Gatineau et en Outaouais.

Le COO est composé de près de 300 membres dont les 2/3 résident à Gatineau. Ses activités, parfois offertes au public, permettent le développement du loisir ornithologique et de la science citoyenne dans la région, notamment par l’installation et l’entretien de mangeoires à plusieurs endroits de la Ville, par des sorties guidées ou des ateliers virtuels.

Plus on aime les oiseaux, plus on se soucie de l’environnement dans lequel ils évoluent. De simples observateurs, les ornithologues deviennent petit à petit des agents de changement en s’engageant dans des associations et des fondations pour aider leur municipalité à prendre les mesures nécessaires pour protéger la biodiversité. 

  • Éducation

Les enfants et les apprenants de tous âges sont friands d’activités ludiques, artistiques et scientifiques. Et le monde des oiseaux permet cette diversité, tant en classe qu’à l’extérieur. Que ce soit en sciences, en musique, en arts plastiques, en géographie, en photographie et vidéo, en géomatique, en gestion de bases de données, etc. le monde des oiseaux offre un énorme potentiel. Au postsecondaire, l’ornithologie fait partie de programmes de nature scientifique et les étudiants visitent les sites situés à Gatineau pour la partie pratique de leurs études.

L’entrepôt du Musée de la Nature situé sur le Chemin Pink dispose d’une collection impressionnante de plus de 128 000 spécimens représentant près de 2 600 espèces d’oiseaux.

  • Santé

Tant la santé mentale que la santé physique bénéficient des bienfaits de l’ornithologie. Des études commencent à démontrer les effets positifs de celle-ci, grâce aux bienfaits et au bien-être qui résulte du fait d’être en communion avec la nature, d’écouter des chants d’oiseaux, d’admirer un rapace planer dans le ciel, de s’émerveiller devant le battement d’ailes d’un colibri ou de réussir à suivre des yeux les prouesses d’une hirondelle qui capture un moustique en plein vol. Si l’ornithologie conduit les citoyens à sortir davantage et à se promener dans la nature, elle contribue à demeurer en santé.

L’étude des oiseaux, les efforts de mémorisation des chants et des signes distinctifs de chaque espèce, la recherche d’information dans des guides ou sur internet contribuent par ailleurs à une saine activité cérébrale pour les gens de tous âges.

  • Culture et histoire

Les oiseaux font partie intégrante de la culture et permettent souvent d’en expliquer des aspects. Les proverbes, les Fables de La Fontaine, plusieurs expressions populaires, les textes religieux et les mythes créateurs, comme celui de la tradition Anishnabé, célèbrent ainsi l’importance des oiseaux.

Nos bibliothèques et librairies regorgent d’atlas, de guides, de romans, de fables, de films et dessins animés, de documentaires et de revues sur les oiseaux d’ici et d’ailleurs. Une simple recherche avec le mot «oiseau» dans le catalogue de la bibliothèque de Gatineau permet d'afficher plus de 1 800 résultats.

Des artistes (peintres, sculpteurs ou photographes) exposent de temps à autres leurs œuvres ou les vendent en ligne. La musique, classique, populaire et enfantine, se nourrit d’allusions aux oiseaux, à leurs mœurs et à leurs chants. Consultez la section sur la musique de la page «autres ressources» du site Web du COO pour en apprécier la variété.

  • Sciences et science citoyenne

L’ornithologie est l’une, sinon la plus importante activité de science citoyenne au monde, puisque les ornithologues rapportent de manière rigoureuse leurs observations dans une gigantesque base de données internationale (eBird / MacAulay Library) dont la qualité est systématiquement validée.

Près de 1 300 observateurs (pas tous de Gatineau, bien sûr) ont déjà soumis plus de 35 000 listes complètes d’oiseaux observés à Gatineau, pour un total de 316 espèces; et plus de 8 000 photos d’oiseaux prises à Gatineau y sont répertoriées. On peut consulter la mise à jour en temps réel de ces données en consultant: https://ebird.org/canada/region/CA-QC-OU. 

Des recensements d’oiseaux et des compétitions amicales, comme le Grand défi, sont organisées tout au long de l’année par le COO. Les données ainsi colligées peuvent être reprises au niveau local pour établir des listes, étudier les tendances, surveiller les migrations, analyser les niveaux de populations (déclin ou croissance) et proposer des interventions de protection.

La crise sanitaire (et le confinement qui en a résulté) a multiplié le nombre de personnes, à Gatineau comme au Québec, qui ont soudainement découvert la variété et la quantité d’oiseaux qui vivent tout près d’eux. Un sondage mené en 2011 indiquait que 22% des ménages québécois s’adonnait à l’ornithologie. Depuis le début de la pandémie, ce pourcentage a nettement augmenté.

  • Reconnaissance et avant-gardisme

Le concept de Ville amie des oiseaux est encore nouveau.

Devenir l’une des premières villes amies des oiseaux au Québec et au Canada démontrerait du leadership et permettrait à Gatineau de se positionner parmi les villes avant-gardistes en termes de connaissance, préservation et restauration de la biodiversité.

  • Amie des humains

En bref, on pourrait dire qu’être amie des oiseaux, pour une ville, c’est être amie des humains, donc de ses citoyens. C’est démontrer une volonté de vouloir leur bien-être en leur offrant un milieu de VIE sain et propice à leur épanouissement en harmonie avec la biodiversité existante.

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Pour plus d'information ou pour appuyer l'équipe, communiquez avec Nathalie Girouard à : natgirouard5@gmail.com

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