Les chats et les oiseaux en milieu urbain

Dernière modification: mardi 25-août-20 13:01:25 EDT Mario STG

Un projet de Nature Canada et du Club des ornithologues de l’Outaouais (2020)

Benjamin Aubrey et Benoît Lalande, Nature Canada et Daniel Toussaint

Depuis 1970, le nombre d’oiseaux nicheurs en Amérique du Nord a diminué de presque trois milliards, une perte d’environ 30 % de leur population totale. Plusieurs facteurs d’origine humaine sont responsables de ce grand déclin, la prédation par les chats et les collisions avec les fenêtres occupant le haut du pavé. Au Canada, les chats sont responsables de la mortalité d’entre 100 et 350 millions d’oiseaux par année, dont 38 % est attribuable aux chats domestiques (Blancher 2013). Pour mettre ces chiffres en perspective, les chats sont responsables de quatre fois plus de mortalités d’oiseaux que la deuxième cause d’origine humaine. Chaque chat tue en moyenne 16 oiseaux par année. Dans ce contexte, le problème est clair, mais trouver des solutions fiables et mesurer les résultats de nos efforts n’est pas un processus simple.

La Ville de Gatineau a un règlement qui interdit aux propriétaires d’animaux domestiques de les laisser sortir sans surveillance. Mais il semble que cela n’a pas grand effet car les populations de chats errants de la Ville semblent similaires à celles d’autres villes sans de tels règlements. Pour quantifier si d’éventuels efforts de la Ville (ex : règlements, programmes éducatifs, TNR) ont des effets, il est essentiel qu’une estimation de l’abondance des chats errants soit faite au début du projet afin de disposer d’une base de comparaison permettant de mesurer les progrès futurs.

Nature Canada et le Club des ornithologues de l’Outaouais sont en train de développer un programme bénévole de science citoyenne visant à générer une première estimation du nombre de chats errants pour la Ville de Gatineau. Cette étude de type Marquage-Recapture est basée sur le travail du Dr. Elizabeth Gow qui a initialement formulé ce protocole pour une étude similaire à Vancouver. L’étude à Gatineau va consister d’un placement stratégique de 6 caméras de chasse (auquel 3 de ces caméras appartient au COO) pendant une période de 4 mois qui vont être utilisé pour collecter des photos des chats en différents milieu urbain. En utilisant les échantillons de ces milieux, les photos peuvent être analysé et une estimation pour l’abondance pourrait être calculé pour les restants de la ville.

Le rôle spécifique des bénévoles du COO inclus l’installation, le soutien et la surveillance des caméras ainsi que l’interprétation des images. De plus, certains membres du COO ont aussi fourni leurs propriétés pour le montage des caméras. Cette étude pilote va être utilisé pour développer un protocole qui peut être appliqué à d’autres villes pour le même but et va faire partie des ressources du programme Villes et villages amies des oiseaux qui est un programme basé sur une liste de critère avec le but d’engager les villes à employer des pratiques bénéfiques pour les oiseaux. Ce programme devrait être lancé quelque-temps pendant l’année en cours, et le COO aura joué un rôle important dans le développement d’un outil clé pour le programme.

La prédation des oiseaux par les chats domestiques est reconnue comme l’une des principales causes de mortalité des oiseaux. Depuis 1970, le nombre d’oiseaux a chuté de presque trois milliards en Amérique du Nord, et la contribution des chats à cette hécatombe est non négligeable.

Ces dernières années, Nature Canada, en collaboration avec le Club des ornithologues de l’Outaouais (COO), la SPCA et la Ville de Gatineau, a entrepris un projet visant à mieux sensibiliser les propriétaires de chats à l’importance de ne pas laisser sortir dehors leur animal de compagnie, et à réduire la prédation effectuée par les chats errants.

L’une des informations cruciales qui fait présentement défaut est le nombre de chats errants circulant sur le territoire de la Ville. Pour pouvoir mesurer l’impact de nos efforts de conscientisation, il faut être en mesure de comparer les données avant et après leur mise en œuvre. Il nous faut donc avoir une estimation de la population de chats errants à l’an zéro et périodiquement par la suite.

Pour ce faire, un protocole scientifique faisant appel à des caméras de détection a été mis en place.

La méthodologie décrite dans ce protocole est pour estimer le nombre et la densité des chats. Ce document est conçu pour servir d'introduction à la réalisation d'enquêtes sur l'abondance des chats domestiques à l'aide de pièges photographiques de sentiers. Il est basé sur des procédures établies pour les analyses de marquage-recapture, en utilisant des caméras de chasse pour mesurer la présence et l'absence de chats, et des marquages ​​naturels sur les chats pour reconnaître les «recaptures» sur les photos. La formation d'un inventaire de la population des chats dans une ville entière de la taille de Gatineau serait une tâche monumentale et coûteuse. Au lieu de cela, nous pouvons utiliser une approche d'échantillonnage qui consiste à étudier plusieurs sous-ensembles (ou répétitions) d'une zone qui représenteraient collectivement la population dans son ensemble, puis à utiliser ces données pour extrapoler (déduire) à la zone plus large. En utilisant une approche de stratification (une forme de manipulation utilisant le hasard), nous pouvons sélectionner des sites d'échantillonnage aléatoires dans une région qui représentent la zone (par exemple urbanisés, parcs, zones inhabitées, etc.) et utiliser ces données produites pour générer différentes estimations de population pour ces sous-zones. 

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