CLUB DES ORNITHOLOGUES
DE L'OUTAOUAIS
Les oiseaux et leurs habitats √† coeur depuis 1978.     (Photos: A. Cloutier, F. Morand)
Club des ornithologues de l'Outaouais
Chouette lapone, hiver 2004-2005

Le phénomène Chouette
de l’hiver 2004-2005

par Daniel "Toutou" Toussaint


Chouette lapone
Photo : A. Choutier
À partir des mentions reçues sur les feuillets d'observation et signalées au sein du groupe COO-courrier, j'ai tenté de faire une compilation du nombre de Chouettes lapones signalées cet hiver dans les différents secteurs du sud de la région (la mention la plus au nord est à Val-des-Bois).

La compilation donne un total de 106 lapones réparties comme suit :

Le total est impressionnant, mais il est possible que certains oiseaux aient été comptés deux fois. En effet, certaines chouettes peuvent s'être déplacées. Par exemple, les 16 lapones vues dans le secteur des marais de Masson (Laîches, Grenouillettes, etc.) au début de février pourraient être en partie celles qui étaient au nord de l'autoroute en janvier. En revanche, il est probable que de nombreuses lapones n'aient pas été repérées, en particulier dans les endroits moins fréquentés par les observateurs comme les régions du sud du Pontiac, de la Gatineau et la vallée de la Petite-Nation. D'autres mentions non encore rapportées pourraient s'ajouter à ce bilan.

La revue QuébecOiseaux dressera certainement un rapport complet pour tout le Québec de cette invasion sans précédent de Chouettes lapones. Le siècle est encore jeune, mais je crois qu'on peut déjà la qualifier d'invasion du siècle!

Enfin, malgré mes prédictions de 2004, les autres espèces de hiboux nordiques ne se sont pas manifestées en force cet hiver en Outaouais: aucun harfang signalé du côté québécois, une seule Chouette épervière sur la piste 5 et 2 Nyctales de Tengmalm (lacs des Fées et Carman). Les lapones ont donc sauvé mon honneur!

… qui connaît bien ses hérons aussi!

Je suis retourné à la héronnière du lac Leamy afin de dénombrer précisément le nombre de nids. Nous étions arrivés à 55 nids lors de la sortie du Club du 12 mars, mais ce n'était pas facile de savoir si on comptait certains nids en double en raison de leur proximité à certains endroits. D'autres ornithologues étaient arrivés à des chiffres différents un peu plus tôt cet hiver (43, 44 et 51). Nous avions aussi constaté samedi dernier que certains nids étaient d'assez petite taille et peu épais (on pouvait voir à travers à partir du sol). Il est probable que les hérons aient commencé la construction de certains nids mais qu'ils ne les aient pas utilisés.

J'ai fait le tour à deux reprises en notant le nombre de nids dans « chacr'arbre » (comme dirait Gérard!). J'ai noté le nombre de nids complets et le nombre de nids à demi construits.

J'ai vu des nids dans 19 arbres, dont l'un comptait 10 nids à lui seul et deux autres, 7 nids chacun.

Les résultats sont les suivants :

Donc, 11 des 56 plates-formes étaient vraisemblablement trop grêles pour avoir accueilli des hérons à l'été 2004. C'est notamment le cas du nid le plus au sud, le premier qu'on aperçoit en arrivant du pont de fer. Les dénombrements faits au cours des hivers précédents ne tenaient pas compte de la taille des nids et par conséquent, il est probable que le nombre de plates-formes disponibles ait été surévalué. Quoi qu'il en soit, voici ces chiffres :