CLUB DES ORNITHOLOGUES
DE L'OUTAOUAIS
Les oiseaux et leurs habitats à coeur depuis 1978.     (Photos: A. Cloutier, F. Morand)
Club des ornithologues de l'Outaouais
Excursions et récits

Voyage à la Baie James 2005

par Marc-Antoine Montpetit et Roxane Prénovost

Bonjour, laissez-moi vous donner le goût d'un voyage ornithologique dépaysant au Nouveau-Québec sur la route de la baie James.

Nous partons, moi et ma copine, de Chute-St-Philippe, tout près de Mont-Laurier, le 27 août 2005 pour 7 jours dans le nord en auto (Pontiac Vive). Sur la route, plusieurs arrêts sont à faire, tout d'abord le dépotoir du Domaine dans la réserve faunique La Vérendrye pour y voir de très près les nombreux urubus à tête rouge et qui sait un ours, pas d'ours pour nous mais bien des pistes.

Ensuite, les marais longeant la route 117 du lac Camatose, vous entrez en Abitibi. Ensuite direction Barraute pour les grues du Canada, nous en verrons 4. Puis passage à Amos, dernière grande ville, on achète les derniers petits trucs. Direction la route 109 nord, nous avons prévu dormir à Matagami, 180 km plus au nord.

Nous passons le panneau touristique Région de la Baie James et du Nouveau-Québec au km 105. Un arrêt au km 133 pour voir la superbe couleur de l'eau du lac Paradis. Au km 157, nous tournons à gauche sur la route de Joutel, à 10 km environ se trouve le pont de la rivière Harricana qui permet de scruter l'eau à la recherche d'oiseaux. Nous y avons vu des limicoles dont plusieurs grands chevaliers et des pluviers semi-palmé. Les bécasseaux étaient trop loin pour les identifier.

Juste après le pont c'est l'ancien village minier de Joutel, une atmosphère étrange y règne puisque la nature y reprend sa place, un site qui vaut la peine d'être plus exploré. Un peu après une autre fourche permet de rouler sur une route asphalté abandonné ou les oiseaux ne se font aucunement déranger par la circulation. Nous y avons vu une grosse famille de 11 gélinottes huppées, un record pour moi et avons rencontré un forestier qui me parlait que sur cette route il est possible de voir des groupes approchant 25 gallinacés, je pense tout de suite au tétras à queue fine mais en vain.

Rendu à Matagami, nous prenons une chambre dans un hôtel économique (50 $ la nuit). Le lendemain matin (28 août) je vais escalader le Mont Laurier juste au nord de la ville, des sentiers y sont entretenus mais l'ascension demande un bon effort, la vue y est superbe, on y voit de grands lacs à perte de vue. Il y a aussi beaucoup de bleuets au sommet. Après le dîner c'est un départ sur la route de la Baie James, on commence par donner nos noms et destinations à l'accueil de la route (km 6), c'est obligatoire par sécurité, c'est l'endroit pour prendre les renseignements touristiques et de sécurité. La route est belle, en asphalte, large, la vitesse est même de 100 km/h au lieu du 90 km/h habituel.

Je conseille en plus des arrêts lorsque l'on voit des oiseaux ou un mammifères les arrêts de la plage du camping municipale du lac Matagami (km 37), la rivière Broadback (km 232), la rivière Rupert (km 257), un arrêt pour faire le plein d'essence au relais du km 381, on peut y manger et y dormir. (819) 638-8502. Il peut être intéressant d'aller faire un tour au dépotoir l'autre côté de la route, l'année passé, j'y avais vu une meute de 7 loups dans la carrière de sable. Il paraîtrait qu'on y voit aussi des ours. Cet été dans ce secteur un très grand feu de forêt a dévaster de grands espaces.

Si vous y aller à la fin de l'été prochain ce sera plein de bleuets. Et la rivière Eastmain au km 395. Plusieurs aires de repos, tables à pique-nique et toilettes sèches se retrouvent le long de la route, où il est possible de camper. Dans notre cas nous avons dormi à la mise à l'eau de la rivière Eastmain. Ce soir là au coucher de soleil, 2 grues du Canada sont passées au vol devant nous. Le lendemain matin, juste sur le chemin de la mise a l'eau j'ai pu observer 16 espèces d'oiseaux dont 2 mésangeaies du Canada pas peureux, un pic à dos noir, un balbuzard pêcheur, 3 parulines verdâtres, 1 à calotte noire, 6 à couronne rousse, 2 bruants fauves, 2 bruants de Lincoln.

Nous revenons vers le sud, direction Waskaganish au km 237. Il y a 102 km d'une route de gravier à franchir, cette route toute récente a été construite en 2001. La route est très belle comparée à ce qu'on est habitué de voir des chemins de terre du sud. Des forêts d'épinettes noires et des tourbières à perte de vue nous amènent dans les basses terres de la Baie James. Rendu à Waskaganish, nous découvrons une petite communauté autochtone, ce sont les Cries. Ils sont bien desservis par plusieurs services. Ce qui surprend en arrivant c'est la limite de vitesse de 20 km/h dans le village mais on comprend vite la raison quand on voit autant d'enfants partout dans le village, rien à voir avec nos communautés blanches.

Nous allons rencontrer le responsable touristique M. Raymond Blackned, malgré qu'il ne parle pas français et nous très peu l'anglais, nous réussissons à communiquer. Pour le rejoindre (819) 895-8650. Il nous présente à notre guide, il ne parle que très peu anglais, mais nous savions tous cela avant d'arriver puisque nous avions communiqué par courriel pour la préparation du voyage. Nous partons le lendemain matin en bateau pour trois jours en direction de la baie Cabbage Willows dans la baie de Rupert (Extrémité sud de la Baie James) un important site d'oiseaux. Le représentant touristique nous fait une belle surprise et nous amène au site de pêche du corégone de Smokey Hill, un site ou les Cries pêchent le poisson et le font fumer, très beau. Nous avons le plaisir d'en manger. Nous y voyons au vol 4 grues du Canada. Nous passons une bonne nuit dans le seul hôtel du village, le Kanio-Kashee Lodge, un bel hôtel ou les chambres coûtent plus cher (150 $ + taxe par nuit).

Le lendemain matin en attendant notre départ qui est régi par la marée, ce sera 13 h, je vais à la découverte des oiseaux du village, ce sera les étangs d'épuration qui seront les plus productives avec des canards dont 5 canards d'Amérique, des bruants dont les Lincoln et fauve et des parulines dont les verdâtres. Nous prenons finalement le bateau, une grosse chaloupe de 25 pi de longueur avec un moteur 60 forces. Sur l'eau, peu d'oiseaux mais quel paysage et effet d'immensité, tout de même 3 tournepierres à collier viennent nous survoler ainsi que des goélands et des mouettes de Bonaparte, en approchant de la rivière Novide dans la baie Cabbage Willows voilà que l'action commence, des quantités de canards, de bernaches, d'oies des neiges, de chevaliers et d'autres limicoles s'envolent devant nous soudain, elles sont là, 5 barges marbrées tout près de nous. Nous arrivons au camp, ce n'est plus la forêt boréale mais de grands champs et des forêts éclaircies de petits saules, aucun conifère en vu. Beaucoup de long foin. Il faut attacher la chaloupe jusqu'à demain car la marée redescend. Il faudra attendre demain après-midi pour refaire du bateau. A partir du camp, un camp rudimentaire mais suffisant de chasse Cries pour la chasse de la sauvagine, surtout la Bernache du Canada, nous verrons durant les 3 jours que nous y passerons (2 nuits) un loup, un phoque barbu, et les oiseaux suivants. Vus à partir du camp et à pied à partir de celui-ci.

Bernache du Canada Hibou des marais Paruline jaune
Canard branchu Grand héron Paruline à couronne rousse
Canard colvert Grand corbeau Paruline à croupion jaune
Canard pilet Corneille d'Amérique Paruline noir et blanc
Canard noir Goéland argenté Paruline masquée
Sarcelle d'hiver Goéland à bec cerclé Bruant chanteur
Garrot à oeil d'or Étourneau sansonnet Bruant des prés
Grue du Canada Mésange à tête noire Bruant de Lincoln
Grand chevalier Troglodyte mignon Bruant des marais
Petit chevalier Grive à dos olive Bruant à gorge blanche
Bécassine de Wilson Merle d'Amérique Bruant fauve
Busard Saint-Martin Roitelet couronne rubis Bruant de Le Conte
Balbuzard pêcheur Viréo aux yeux rouges Bruant de Nelson
Pygargue à tête blanche Viréo de Philadelphie Râle jaune
Faucon émerillon Paruline verdâtres

Le 2e soir le guide nous fait un souper avec de la Bernache du Canada, c'est très bon.

Nous sommes aller visiter en plus de la baie Cabbage Willows par bateau le rocher Stag, la pointe de la consolation et la pointe de l'ours noir.

Nous y avons rajouté :

Oie des neiges Bécasseau variable Barge marbrée
Bernache cravant Bécasseau à poitrine cendrée Pic à dos noir
Bécasseau minuscule Chevalier grivelé Sterne pierregarin
Bécasseau semipalmé Cormoran à aigrettes
Bécasseau sanderling Pitpit d'Amérique

Avant de partir le guide nous réinvite pour l'an prochain, il veut nous amener à l'île Charlton à une heure de bateau plus au nord et qui se trouve au Nunavut et non au Québec, et pourquoi pas!

Sur notre chemin du retour nous décidons d'aller dormir à Matagami, le lendemain matin 2 septembre, nous allons explorer le chemin de l'aéroport de Matagami. Après l'aéroport un pont traverse la rivière Allard, cette rivière presque à sec me réserve de très belles surprises, plusieurs sternes dont au moins 2 sternes arctiques, plusieurs limicoles dont une bécasse d'Amérique, 2 pluviers argentés, un bécasseau roussâtre et 13 bécasseaux de Baird.

Un très beau voyage de 2 400 km à partir de Chute-St-Philippe, nous avons vu 89 espèces d'oiseaux au Nouveau-Québec et 93 incluant l'abitibi.

Conseils pratiques, apportez-vous de l'insecticide, moi je ne suis aller dans cette région qu'en fin d'été, il y a très peu d'insectes piqueurs mais mieux vaut être prévoyant. Peut-être un canne de répulsif à ours qu'on peut se procurer dans les boutiques de chasses car les ours peuvent y être plus curieux que dans nos régions habitées. Autant du linge chaud que du linge léger, malgré la croyance populaire il a fait très chaud même pour un début septembre avec des températures dépassants 25C. Les stations services sont très éloignées les unes des autres mais biens situées, juste d'y penser.

Vue de la Pointe de la Consolation, voici le bateau utilisé.

Petit marigot dans les grandes étendues d'herbages dans la baie Cabbage Willow.

Habitat boisé naturel, petit sentier menant au camp de chasse, à Cabbage Willows.

Rivière Rupert à la fin août 2005