CLUB DES ORNITHOLOGUES
DE L'OUTAOUAIS
Les oiseaux et leurs habitats à coeur depuis 1978.     (Photos: A. Cloutier, F. Morand)
Club des ornithologues de l'Outaouais
Excursions et récits

Voyage au Yucatan, Mexique

(14 février au 2 mars 2000)

par Sylvie Bouchard et Gilbert Dupuis

Un rapide survol du Yucatan.

Ah! le Yucatan. Cela faisait longtemps qu'on en rêvait, car c'est une destination qui permet de marier nos trois activités favorites : les oiseaux, le snorkeling et l'archéologie. Le Yucatan est en bordure des eaux les plus claires des Amériques, la mer des Caraïbes, au grand plaisir des amateurs de plongée. C'est aussi la Ruta Maya ou la Riviera Maya avec des sites archéologiques connus comme Cobá, Chichen Itza et Tulum dans la partie nord du Yucatan, et de nombreux sites en développement comme Calakmul près de la frontière du Guatémala. La plupart des sites étant situés dans la jungle, les amateurs d'oiseaux peuvent faire de l'ornithologie tout en visitant des ruines parsemées de pyramides et de monuments divers.

--> La péninsule du Yucatan comprend des zones touristiques à haute densité comme les villes de Cancun et Playa del Carmen(1). C'est là que les touristes profitent de la plage et dansent à des rythmes endiablés dans les bars et discothèques. Pour ceux qui préfèrent les villes historiques, il y a Mérida et Valladolid. Le magasinage y est plus varié et les marchés locaux en plein air sont intéressants à visiter. Plus au sud, il y a des villes plus typiques comme Felipe Carillo Puerto, Xpujil et Xcalak où il y a à se loger pour pour toutes les bourses. Mais pas de banque, pas de guichet automatique, pas de carte de crédit. C'est le peso qui est roi ... et l'espagnol, car les mexicains ne parlent souvent que quelques mots d'anglais. Mais n'est-ce pas ce qui fait l'exotisme du voyage?

Pour l'ornithologue, trois grandes zones méritent d'être visitées (à part Cozumel(2)). Au nord, près du Golfe du Mexique, le parc naturel Rio Lagartos abrite une immense lagune avec marais salants et mangroves (palétuviers) où vivent les Flamants roses, le Goéland dominicain (Kelp Gull) et le Géocoucou véloce (Lesser Roadrunner). La lagune fait place à des dunes et bientôt à une zone agricole plus aride qui rappelle à certains endroits le sud des États-Unis. C'est la savane. L'ensemble est riche en faune aviaire : oiseaux marins, espèces des mangroves et espèces des milieux arides. C'est dans la partie nord-est de la péninsule que l'on retrouve plusieurs espèces endémiques.

La deuxième zone comprend la forêt semi-aride de la réserve de la biosphère de Sian Ka'an. On peut y avoir accès par le nord, par la route de Punta Allen, mais pour voir la forêt la plus intéressante il est préférable de le faire à partir de Felipe Carillo Puerto (5000 habitants).

La troisième zone est située près de la frontière du Guatémala et comprend la forêt humide de la réserve de la biosphère de Calakmul qui se prolonge au Guatemala (Naya Biosphere Reserve). Une route pavée sur 65 km nous amène au site archéologique de Calakmul, récemment ouvert au public.Ce site est réputé être aussi grand que Tikal au Guatemala sa principale ville rivale à une époque où les gringos et les tabernacos n'étaient pas encore identifiés comme race ou sous-espèce distincte chez les homo sapiens.

C'est parti!

Une fois que l'on a bien situé les points d'intérêt et bien étudié les oiseaux le voyage peut commencer. Départ le 14 février d'Ottawa. Arrivée à l'aéroport de Cancun vers 21h30. Et hop dans la voiture louée (avec air climatisé) qui nous coûtera environ 400 $ CA pour 17 jours(3). Direction Puerto Morelos. En février, les hôtels ont amplement de places, donc inutile de réserver. Vers 11h, dodo dans la chaleur humide et le bruit. Il faudra s'y habituer, différence de climat et de culture obligent.

NOTA : Chaque site comprend la liste des oiseaux que nous avons vus pour la première fois lors du voyage. La liste n'est donc pas exhaustive et certains oiseaux peuvent se retrouver ailleurs, parfois en grand nombre même s'il ne sont pas énumérés.

Puerto Morelos

Pélican brun

Frégate superbe

Urubu noir

Buse cendrée

Foulque d'Amérique

Tourterelle à ailes blanches

Chevêchette brune

Martinet de Vaux

Paruline masquée

Guiraca bleu

Quiscale chanteur

Grand Quiscale

Cassique à bec jaune

Oriole masqué

Le matin vers 6h je ne peux m'empêcher d'aller sur la terrasse sur le toit pour observer les premières espèces. - Sylvie, elle, pense plutôt au café. Le déjeuner à l'hôtel Inglaterra est pour le moins frugal. Café instantané, céréales avec lait en poudre, toasts au pain blanc avec beurre d'arachides et confitures. - Sur la terrasse je vois immédiatement les Grands Quiscales, mais ils ne sont pas seuls. J'ai failli manquer le Quiscale chanteur. Ces deux espèces monopolisent mon attention. Une troupe de Martinets de Vaux (le cri les distinguent du Martinet ramoneur) passe et tournoie quelques instants. En après-midi, après une baignade sur la plage peu fréquentée, on continue nos observations : un Guiraca bleu, un Oriole masqué et un Cassique à bec jaune, les frégates et les pélicans s'ajoutent à la liste. Les frégates font déjà partie du paysage, comme des cerfs-volants



Jardin botanique

Pic à front doré

Tyran huppé

Tyran de Weid

Tyran quiquivi

Tyran sociable

Grive des bois

Moqueur chat

Moqueur des savanes

Paruline flamboyante

Paruline vermivore

Paruline verte à gorge noire

Paruline couronnée

Paruline des ruisseaux

Paruline à capuchon

Tangara à couronne rouge

À Puerto Morelos, le jardin botanique (nommé en l'honneur du Dr. Alfredo Barrera) qui est situé en bordure d'une mangrove est un must. En plus des plantes indigènes, on découvre quelques plantes exotiques, un camp de récolte de caoutchouc ainsi qu'une cabane Maya typique avec des jardins surélevés comme les Mayas avaient l'habitude de les aménager. Les sentiers sont bien entretenus. Le Pic à front doré (sp. dubius de la Péninsule du Yucatan), le Tyran quiquivi et la Paruline à capuchon nous ont particulièrement impressionnés. C'est aussi à cet endroit que nous avons vu le seul Tangara à couronne rouge de tout le voyage. Il y a aussi des parulines et des grives. Il est toujours étonnant de voir des oiseaux qui nous sont familiers sous les tropiques. On cherche quelques instants une nouveauté avant de se rendre compte qu'on a affaire à une espèce commune de chez soi.



Cozumel

Urubu à tête rouge

Colombe rousse

Gobemoucheron gris-bleu

Viréo de Cozumel

Paruline à collier

Paruline jaune

Paruline à tête cendrée

Paruline à plastron

Sucrier à ventre jaune

Tangara vermillon

Sporophile grand-chanteur

Puerto Morelos est à moins de 50 kilomètres de Playa del Carmen, le port d'embarquement pour Cozumel. Aussi bien en profiter pour y faire un tour, car cette île est réputée pour ses endémiques. Nous ne verrons finalement qu'un endémique, le Viréo de Cozumel. Par contre, le Sporophile grand-chanteur et la Paruline à plastron sont deux nouveautés à notre liste. Les principaux évènements sont la traversée en bateau (où l'on voit beaucoup de poissons volants) et la plongée en apnée (snorkel) au parc national Chankanaab, un récif très populaire. Les poissons tropicaux sont magnifiques. À l'écart de la plage, se dresse un jardin botanique parcouru de sentiers avec des reproductions de statues et des cabanes typiques de la civilisation Maya. L'île est aussi une destination prisée pour les grands bateaux de croisières. Il y avait au moins dix bateaux ancrés lors de notre passage.



Xpuha

Le troisième jour, c'est le départ vers le sud de la péninsule. Nous faisons un arrêt à Xpuha, un site dont on nous avait vanté les mérites ornithologiques dans le guide touristique. Mais l'endroit fait l'objet d'un développement très intense et peu propice à l'observation des oiseaux. L'hôtel y est tranquille et propre. Nous y passons une seule nuit. À quelques kilomètres, Puerto Aventuras offre gîte et couvert à ceux qui préfèrent une aventure aseptisée où l'on prévilégie le sport dans un environnement aménagé pour le tourisme pas trop nature...

Héron vert

Sarcelles à ailes bleues

Gallinule poule d'eau

Amazone à front blanc

Pic ouentou

Geai du Yucatan

Paruline à gorge jaune

Oriole à gros bec

Nous avons quand même l'occasion d'observer quelques espèces intéressantes près de l'hôtel et dans les environs immédiats du centre touristique aux abords du golf. C'est à cet endroit que nous pourrons identifier l'Amazone à front blanc, seul gros perroquet du groupe amazone vu pendant le voyage. Nous prenons le temps de prendre un petit déjeûner copieux. - Sylvie ne le sait pas encore, mais le «café americano» pris au petit-déjeuner sera le dernier vrai café avant Xcalak et notre retour vers le nord de la péninsule!



Felipe Carrillo Puerto

Le lendemain on passe rapidement à Tulum, que nous avons déjà visité en 1986. Tout est changé! On ne reconnait plus l'endroit. Vivement vers le sud. C'est là que l'aventure commence. Plus d'autoroute manicurée. On circule sur une route à une seule voie avec circulation dans les deux sens et des herbacées de 3 pieds de hauteur servent d'accotement. C'est le Mexique que l'on recherche. On se dirige vers Felipe Carrillo Puerto et la réserve de la biosphère de Sian Ka'an, une forêt de type semi-aride. Le vrai birding commence. À Felipe Carrillo Puerto, on demeure à l'Hotel Faseno y Venado (14.50$US la nuit en occupation double). La nourriture typique Maya du coin est excellente. - Sylvie, elle, n'apprécie guère le «café con leche» fait de lait chaud dans lequel on verse du Nescafé ... décaféiné!

Ortalide chacamel

Conure aztèque

Ani à bec canelé

Chevêchette brune

Engoulevent du Yucatan

Arianne du Yucatan

Martin-pêcheur d'Am. Pic du Yucatan

Tyranneau imberbe Moucherolle cendré

Tyran mélancolique

Tytira masqué

Manakin à cuisses jaunes

Moqueur noir

Vireo aux yeux blancs

Sourciroux mélodieux

Paruline noir et blanc

Paruline polyglotte

Organiste à gorge jaune

Tangara à gorge rouge

Évêque paré

Tohi olive

Tohi à dos vert

Oriole à capuchon

Les rares véhicules rencontrés sur les petites routes secondaires transportent des travailleurs qui font des travaux. On peut s'arrêter à loisir. Il n'y a pas d'autre bruit que le chant des oiseaux. De temps à autre, on passe devant une ferme familiale, des habitations typiques avec toit en matière végétale. Les chiens sont omnis présents. La route est tout à fait adéquate pour une petite voiture de tourisme en saison sèche. Sur la route 307, en bordure de la réserve, on observe des Otalides chacamel. Les nouveautés s'ajoutent à notre liste dès que l'on prend des petits chemins non pavés, parsemés de nids de poule : Conure Aztèque en bandes bruyantes, Pic du Yucatan, Tyranneau imberbe, Manakin à cuisses jaunes, Moqueurs noirs, Sourciroux mélodieux, Organistes à gorge jaune, Tangaras à gorge rouge, Évêques parés, Tohis olive, Tohis à dos vert. On verra beaucoup de colibris, mais ils sont difficiles à identifier. C'est pourquoi l'Arianne du Yucatan mâle découvert par Sylvie tôt un matin alors qu'il butine est un vrai plaisir. Dans les jours qui suivent, on parcourera deux fois cette route non pavée d'environ 30 km qui sert d'entrée à la réserve. À chaque fois, ce sont de nouvelles découvertes. On ira même la nuit à 4h du matin pour entendre l'Engoulevent du Yucatan et la Chevêchette brune dont la vocalisation ressemble à celle de la Petite Nyctale. Les deux espèces sont identifiées au cri à partir des indications du guide de Howell. Ce livre, A Guide to the Birds of Mexico and Northern Cnetral America, Howell & Webb est indispensable pour ce voyage.



Bacalar-Calakmul

Après la forêt semi-aride, on se dirige vers la forêt humide de la réserve de la biosphère de Calakmul pour visiter le site archéologique du même nom.

Grèbe à bec bigarré

Cormoran vigua

Hirondelles des mangroves Grèbe minime

Grande aigrette

Aigrette bleue

Héron garde-boeufs

Buse à gros bec

Élanion blac

Faucon des chauves-souris

En route, on fait un arrêt au lac Bacalar pour admirer cette vaste étendue d'eau douce, rare au Yucatan. Le café du matin nous est servi ... réchauffé! Dans la région de Calakmul, la route 186 est parsemée d'étangs, de zones marécageuses et de petits cours d'eau. On y fait de belles observations : Faucon des chauves-souris, Macagua rieur, Pigeon à bec rouge. Mais c'est sur la petite route menant au site archéologique de Calakmul, ainsi que sur le site même, que les meilleures observations sont faites. D'abord, en escaladant la plus haute pyramide, Sylvie lève un immense oiseau, un Sarcoramphe roi (Condor roi), espèce considérée comme très rare à cet endroit.
Macagua rieur

Grand Hoco

Pluvier kildir

Échasse d'Amérique

Grand Chevalier

Chevalier solitaire

Pigeon à bec rouge

Colombe à queue noire

Trogon rosalba

Toucan à carène

Pic enfumé

Pic à bec clair

Grimpar fauvette

Grimpar barré

Viréo des mangroves

Organiste de brousse

Cardinal rouge

Passerin indigo

Sturnelle des prés

Oriole des vergers

Cassique de Montezuma

Du sommet, à hauteur des yeux, on peut le voir lentement tourner en rond en s'élevant dans l'air chaud au-dessus d'une mer d'arbres qui s'étend à perte de vue. On voit aussi le Trogon rosacé, le Toucan à carène, un Pic enfumé, le Viréo des mangroves (la distribution de cette espèce n'est pas restreinte aux mangroves), l'Organiste de brousse et le Cassique de Montezuma (très bruyant). Au retour, on a la chance de voir un couple de Grand Hoco. Magnifique et inespéré! Le mâle est noir tandis que la femelle arbore une riche couleur rousse. Un peu plus loin, un Pic à bec clair et une Buse à gros bec sont aperçus rapidement. On a même l'occasion de voir un Cardinal rouge femelle, un Oriole des vergers et une Sturnelle des prés. On se sent presque chez nous. Mais attention aux Pécaris! Ils peuvent être très dangereux. Les mâles ont un claquement caractéristique des dents. On en a entendu une troupe près d'un sentier à 20 mètres de nous. En essayant de leur faire peur (Sylvie m'avait bien prévenu), ils ont plutôt couru dans notre direction. Inutile de dire qu'on s'est rapidement réfugié sur une structure pour se mettre hors de leur portée... avec quelques frissons derrière la nuque. Il est connu qu'ils peuvent infliger des morsures graves et même tuer des humains. On a repris le sentier après avoir attendu au moins 10 bonnes minutes après leur passage afin d'être certain de ne pas les croiser à nouveau.



On demeure à l'Hôtel-restaurant Posada Calakmul sur la route 186, à Xpuhil. Très comfortable, mais bruyant. Pour ceux qui veulent délier un peu plus les cordons de la bourse, le Ramada Inn Eco Village est situé en retrait de la route. La sécurité y est assurée par de nombreux gardes. Coût 120 $US la nuit pour une chambre double. On a préféré notre petit hôtel-restaurant plus typique. - Sylvie fait encore la gaffe de commander un «café con leche». Je le boirai à sa place, question de ne pas insulter la serveuse.

C'est à cet endroit que nous rencontrons les deux seules «birdeuses» du voyage. Elles nous donnent quelques tuyaux et nous conseille d'aller à Cobá. Le birding y est excellent semble t-il. D'accord, on modifie légèrement notre itinéraire qui avait été planifié avec quelques jours libres afin de profiter de ce genre d'opportunité.

Xcalak

Après le déjeuner, on part pour Xcalak. C'est un petit village de 200 habitants situé à l'extrémité sud d'une pointe de sable qui descend de l'autre côté de la baie de Chetumal près du Belize. Chetumal est la capitale du Yucatan.

Cormoran à aigrette

Onoré du Mexique

Grand Héron

Aigrette neigeuse

Aigrette roussâtre

Héron agami

Bihoreau gris

Ibis blanc

Spatule rosée

Tantale d'Amérique

Dindon ocellé

Râle à cou roux

Pluvier argenté

Pluvier de Wilson

Petit Chevalier

Bécasseau variable

Sterne royale

Paruline jaune/mangroves

Paruline à couronne rousse

Paruline verdâtre

C'est le seul endroit pour se procurer des pesos dans cette partie du pays. Ce sera notre séjour au bord de la mer. On s'établit pour paresser pendant deux jours dans une cabane avec douche, eau courante et toit en feuilles de palmier. - Sylvie en profite pour faire de la plage et lire un livre. Il faut dire que le café préparé par le proprio et livré à 6h30 à notre porte dans un thermos est excellent. J'en profite moi aussi pour varier ma source de caféine que j'obtenais d'un Coca-Cola dans les derniers jours. Les oiseaux sont quand même au rendez-vous. J'en profite surtout pour mieux observer ceux que j'ai déjà vus : pélicans, frégates, sternes, pluviers ... On ajoute aussi des espèces présentes dans les marais côtiers et les mares situées surtout le long de la route en arrivant et en quittant ce village de pêcheurs. Quelques belles surprises nous attendent : un Onoré du Mexique au bord de la route dans un fossé, un Héron agami immature (que j'identifierai seulement à mon retour de voyage, car l'immature ne figurait dans aucun de mes guides), une troupe de Tantales d'Amérique, un Dindon ocellé plutôt farouche, un Râle à cou roux un peu inespéré et la Paruline jaune des mangroves (avec la tête brune). Je ne peux m'empêcher de remarquer la richesse des couleurs et des contrastes du plumage des oiseaux.



Cobá-Chichen Itza

Le site archéologique de Chichen Itza est incontournable quand on passe au Yucatan. Comme Cobá nous a aussi été recommandé, nous allons séjourner quelques jours près de ces deux sites qui sont à une heure de distance.

Cobá d'abord. C'est un petit village. On choisira de demeurer à la Villas Arqueológicas, un des établissements du Club Med. On prendra nos repas dans le village au restaurant El Bocadito, très apprécié des touristes. Un des mets typiques de la cuisine du Yucatan est la fameuse soupe à la lime. On goûte aussi à un chili con carne délicieux. Sylvie ne peut s'empêcher de manger un guacamole (purée aux avocats). Un lac d'eau douce abrite des râles et des alligators. Le site de Cobá est situé de l'autre côté du lac. Le matin, dans la forêt avoisinante, on entend des singes hurleurs. L'après-midi, quand il fait trop chaud, on mange un guacamole et ... on boit un bon café! On en profite aussi pour écrire des cartes postales près de la piscine. Les cartes arriveront plusieurs semaines après notre retour. Normal para el correo mexicano.

Jacana du Mexique

Trogon à tête noire

Trogon violacé

Motmot à sourcils bleus

Motmot houtouc

Élénie à ventre jaune

Attila à croupion jaune

Hirondelle noire

Troglodyte à poitrine tachetée

Geai vert

Hirondelle de Ridgway

Merle fauve

Viréon menu

Saltator gris

Passerin nonpareil

Sporophile à col blanc

Vacher bronzé

Autour de l'hôtel je peux admirer le Merle fauve, plusieurs orioles et un Motmot à sourcils bleus. La plus belle surprise ornithologique est sans contredit un Passerin nonpareil mâle qui se laisse admirer, tout occupé qu'il est à se nourir. Inoubliable! Dans le village je vois rapidement un Saltator gris. Le long du lac, une troupe de Vachers bronzés est de passage et des Jacanas du Mexique qui se nourissent près de la berge. Leurs immenses pattes les servent à merveille pour se déplacer sur les feuilles flottantes. Les oiseaux à Cobá sont peu farouches. On peut les observer à loisir d'assez près. Sur le site, on aura l'occasion de bien distinguer le Motmot à sourcils bleus du Motmot houtouc. Les Trogons n'ont plus de secrets pour nous. On les repère facilement à leur cri discret mais caractéristique. Le Trogon violacé et le Trogon à tête noire se font admirer. Un Attila à croupion jaune et des tangaras jouent dans le sous-bois près de l'entrée du site. C'est d'ailleurs à cet endroit qu'on a fait les meilleures observations. Sur le site de Chichen Itzá, tout est dégagé. On y verra tout de même le Geai vert et l'Hirondelle de Ridgway.



Pour visiter Chichen Itzá, on établira nos quartiers à l'Hôtel El Mesón del Marqués à Valladolid, une des deux villes coloniales de la péninsule. L'hôtel a un patio intérieur où il fait bon prendre le petit déjeuner ... avec un bon café. Valladolid est moins touristique que Mérida. On y trouve quand même un marché municipal en plein air où l'artisanat, les produits de la ferme et les objets utilitaires se retouvent souvent pêle-mêle. L'activité y est fébrile. La ville est aussi célèbre pour son monastère franciscain (San Bernardino de Siena) fondé en 1600, sa cathédrale dont la façade est orientée vers le nord et le Cenote Zací, immense dépression causée par l'érosion des calcaires poreux de la péninsule où des plongeurs font le saut de l'ange pour émerveiller les touristes. Un autre cenote, nommé Dzitnup ou X'keken en Maya, est encore couvert. C'est en fait une immense caverne éclairée où, ceux qui le désirent, peuvent se baigner. L'atmosphère est très spéciale.

Rio Lagartos

La dernière étape de notre voyage est le Parc naturel de Rio Lagartos (lagartos signifie crocodile ou alligators en espagnol), situé au nord de la péninsule. On y trouve trois habitats différents : la lugune, les dunes et la savanne.

Cet endroit est reconnu comme aire d'hivernage du Goéland dominicain (Kelp Gull) qui attire plusieurs observateurs plus au nord sur la côte du Texas. Malheureusement, on ne le verra pas. C'est aussi un point d'attraction majeur pour observer les Flamants roses qui trouvent gîte et couvert dans les eaux saumâtres de la lagune. Rio Lagartos est un site de nidification reconnu et protégé pour cette espèce. On y trouve aussi le Géocoucou véloce (Lesser Roadrunner). On peut y faire des excursions guidées en retenant les services de Flamingo Tours (certains guides sont des techniciens de la faune et connaissent bien leurs oiseaux). Le transport se fait a bord d'une lancha, sorte de bateau à fond plat, idéal pour naviguer dans la lagune. Ils sont équippés de sièges et d'une toile pour se prémunir contre les rayons du soleil.

Notre séjour dans le village de Rio Lagartos a été merveilleux. On a retenu un hôtel en bordure de la lagune. Les repas dans ce village de pêcheurs (qui est entrain de se recycler pour le tourisme nature) sont simples et abordables. Si on tisse des liens avec les guides locaux, on peut aussi y faire des expériences gastronomiques. À témoin, cet énorme poisson à chair blanche cuit sur charbon de bois, le tout accompagné de bières mexicaines, de tacos et de petites entrées faites de fruits de mer ... pour 500 pesos pour deux personnes, soit environ 5 $ US, pourboire compris!

Pélican blanc

Aigrette roussâtre (forme blanche)

Savacou huppé

Flamant rose

Dendrocygne à ventre noir

Urubu à tête jaune

Buse noire

Buse urubu

Buse à queue rousse

Crécerelle d'Amérique

Faucon pèlerin

Pluvier à collier interrompu

Huîtrier d'Amérique

Chevalier semipalmé

Barge marbrée

Mouette atricille

Goéland brun

Sterne royale

Pigeon domestique

Tyran pitangua

Carouge à épaulettes

En raison des habitats variés, les espèces d'oiseaux sont nombreux à Rio Lagartos. La lugune abrite les espèces marines : pélicans, mouettes et goélands, aigrettes et hérons, pluviers, bécasseaux, barges et chevaliers. On a particulièrement aimé observer une Aigrette roussâtre de forme blanche, un groupe de Dendrocygnes noirs, le Pluvier à collier interrompu et l'Huîtrier d'Amérique. Dans la mangrove qui borde la lagune, à part la Paruline des mangroves (sous-espèce à tête brune de la Paruline jaune), on a eu la chance d'observer de près le Savacou huppé qui s'y repose le jour pendant qu'on entend les cris de l'Ortalide chacamel bien camouflé dans les palétuviers. Une Buse noire peu farouche était perchée près d'un groupe de pêcheurs. aurait-elle un penchant pour les restes de poissons? Les dunes, en bordure de la savane, sont l'extension naturelle de l'habitat du Moqueur des savanes. On le retrouve en grand nombre. Dans la savane, les rapaces sont chez eux. À part la Buse à queue rousse , la Crécerelle d'Amérique et le Faucon pèlerin, on y a vu l'Urubu à tête jaune et la Buse urubu. On n'a pas eu assez de temps pour visiter une petite forêt où une source d'eau douce crée un habitat favorable à des espèces arboricoles. De petits étangs dans le village attirent aussi plusieurs espèces, dont le Carouge à épaulettes. Il commençait déjà à émettre son cri perçant très tôt le matin près de l'hôtel. Drôle d'impression ...un avant-goût du pritemps qui nous attend à notre retour.



L'heure du retour a sonné

On doit déjà penser à reprendre l'avion pour le Canada. Nous aurons une surprise en arrivant. La neige a presque entièrement fondu pendant nos 17 jours d'absence. Après la chaleur du Yucatan, je ne peux m'empêcher d'apprécier le vent frais qui nous accueille en sortant de l'avion. On peut dire à nos amis que la Sturnelle des près se porte bien, que la Paruline verte à gorge noire et l'Hirondelle noire ont déjà commencé leur migration et semblent en santé si l'on en juge par leur plumage nuptial. Mais avant de prendre l'avion, on va passer une nuit à Cancun, dans l'enfer touristique des boutiques, des cafés et des rythmes endiablés. On peut mieux savourer les moments de tranquilité de la jungle où on pouvait entendre, à vingt mètres, sautiller dans les feuilles séchées, les insectes harcelés par des troupes de fourmis guerrières. C'est étonnant d'écouter le silence au millieu d'une réserve de la biosphère.

Ah oui, j'oubliais de vous raconter que j'ai trouvé un Motmot à sourcils bleus mort le long de la route. J'en ai profité pour ramasser les deux plumes de la queue, celles qui ont la forme de raquettes. Elles s'ajoutent à ma collection avec celles de l'effraie, de l'urubu, du Fou de Bassan, du Faucon émerillon et du flamant. Pour les cocheux, on aura vu 168 espèces, dont 42 premières (lifers). Autre fait notoire, un seul oiseau très commun en Amérique est absent du Yucatan, le Moineau domestique.

1. Ceux qui veulent éviter ces zones à haute densité peuvent se rendre directement de l'aéroport à Puerto Morelos (20 km) où le coût de la vie est moins cher. Il y a plusieurs hôtels et retaurants en bordure de la mer. L'endroit y est aussi célèbre pour son jardin botanique qui renferme de nombreuses espèces végétales locales et exotiques. Un sentier longe une mangrove. La faune aviaire y est abondante. Retour au texte

2. Cozumel est riche en espèces endémiques. Retour au texte

3. Dangereux de conduire au Mexique? C'est un mythe! Pas plus dangereux en tout cas qu'à New York, Chicago, Détroit ou même dans quelques villes canadiennes, mais il faut être normalement prudent. Dans les campagnes nous ne nous sommes jamais sentis menacés ou mal à l'aise. Des retraités voyagent avec leur propre véhicule. Retour au texte

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