CLUB DES ORNITHOLOGUES
DE L'OUTAOUAIS
Les oiseaux et leurs habitats à coeur depuis 1978.     (Photos: A. Cloutier, F. Morand)
Club des ornithologues de l'Outaouais
Excursions et récits

VOYAGE ORNITHOLOGIQUE DANS LA

CIÉNAGA DE ZAPATA, CUBA

Par Jean-Pierre Artigau

C’est au mois d’août 1999 que notre petite famille a eu la chance de visiter Cuba, la terre dont Christophe Colomb disait que c’était le pays le plus beau que l’on puisse espérer contempler (sans doute la meilleure citation qu’une agence de voyage puisse espérer reprendre à son compte). Pour l’observateur, ornithologue ou non, l’endroit ne manque certes pas de contrastes : dans ce bastion communiste, le dollar est roi et la moitié des véhicules qui sillonnent les rues de la capitale sont des minounes américaines datant d’avant la révolution (1959), l’oncle Sam ayant mis fin à ses importations à cette date. Le système de santé publique cubain pourrait servir d’exemple à bien d’autres pays, mais les médecins vont au boulot en auto-stop faute d’autre moyen de transport. Au cours des dernières décennies, une demi-douzaine de maladies tropicales ont été éliminées, mais dans les villes les mouches pullulent autour des énormes bennes à ordures qui débordent depuis belle lurette, le personnel chargé de les vider ayant sans doute été affecté à des taches plus nobles. Notons qu’il y a peu de criminalité et que l’étranger de passage est plus en sécurité que dans bien des villes nord-américaines.

L’économie cubaine est aussi une curiosité unique en son genre. Il n’y a pas de chômage, mais le salaire moyen équivaut à dix dollars américains par mois, et ce sont les petits trafics en tout genre qui permettent au citoyen ordinaire de s’en sortir : location de chambres, repas de langouste servis aux touristes dans la plus parfaite illégalité, trafics louches de cigares et d’alcool, propriétaires de minounes qui s’improvisent taxis à la vue du premier touriste, sans oublier la florissante industrie de la prostitution. Le visiteur se doit de prendre conscience de ces réalités, à moins que son agence de voyage n’ait décidé de le confiner aux luxueux hôtels et aux plages pratiquement interdites aux Cubains eux-mêmes; dans ce cas, il se retrouvera probablement à Varadero, endroit paradisiaque dont le nom, ô ironie, désigne une " cale sèche ", amusant dispositif dont on se sert dans un chantier naval!

C’est donc dans ce pays aux mille contradictions que nous avons décidé d’aller faire un peu d’ornithologie. Étienne, qui s’est renseigné depuis longtemps, nous a déjà parlé cet endroit légendaire qu’est la Ciénaga de Zapata, ou plus simplement " marais de Zapata " pour ceux qui ont du mal à placer les accents toniques en espagnol. C’est là qu’en 1926, alors qu’on croyait connaître tous les oiseaux de Cuba, un ornithologue du nom de Fermín Cervera a découvert coup sur coup trois espèces endémiques à la région!

Nous nous retrouvons donc dans le Parque natural Ciénaga de Zapata en ce 22 août, armés comme il se doit de jumelles, télescope, guide des oiseaux de l’endroit, nécessaire de prise de notes, huile à mouches et tout l’attirail qui sied à de telles circonstances. Notre visite commence à Guamá, village touristique du plus pur style situé en plein milieu du marais et où l’on accède en bateau. Sur place, on loue des paillotes sur pilotis et on est libre de circuler sur des trottoirs et des passerelles de planches, ou bien on peut louer une barque. On se trouve en pleine nature, ce qui permet de se familiariser avec les oiseaux les plus communs de la région. Chose étrange, il ne semble y avoir aucun ornithologue à Guamá.

Comme on peut s’y attendre, le marais abrite de nombreux hérons, surtout des Aigrettes neigeuses, Hérons verts, Hérons garde-bœufs (là où il y a du gazon) et quelques Grandes Aigrettes; un Grand Héron décolle devant moi au moment où je m’y attendais le moins. On reconnaît sans peine le cri du Pluvier kildir, la Tourterelle triste est commune ainsi que sa cousine la Colombe à queue noire, beaucoup plus petite et trapue.

Nous découvrons déjà deux espèces endémiques à Cuba, l’Émeraude de Ricord, un colibri presque entièrement vert qui fréquente les arbres en fleurs, et le Tacco de Cuba; de la taille d’une corneille, ce cousin des coulicous se déplace lentement dans le feuillage tout en nous permettant de l’observer à loisir. Nous avons tout juste le temps d’identifier au passage un Milan à queue fourchue, qui sera le seul du voyage.

Parmi les passereaux, le Moucherolle tête-fou est très commun; il fait partie du groupe difficile des Contopus, mais on l’identifie au croissant blanc qu’il a derrière l’œil. Le Tyran gris, proche parent de notre tritri, est également présent en grand nombre; on entend sans arrêt son cri qui lui a valu le nom local de pitirre. Il faut être attentif pour trouver ici et là le Tyran tête-police, moins commun que le Tyran gris et semblable à ce dernier, mais reconnaissable à la forme de sa queue. Les publicités laissent entendre que l’endroit grouille de crocodiles, mais aucune de ces aimables bestioles ne daigne se montrer à portée de jumelles.

Le 23 août, après avoir passé une excellente nuit dans notre paillote (climatisée et équipée du téléphone et de la télévision, tout de même), nous sommes surpris par le passage d’un vol de Cormorans olivâtres qu’Étienne n’a aucune peine à identifier bien qu’ils ressemblent beaucoup à leurs cousins " à aigrettes "; nous découvrons un groupe d’Anis à bec lisse, que nous avons manqué hier, et plusieurs autres espèces également présentes en Amérique du Nord (Martin-pêcheur d’Amérique, Hirondelle rustique, Paruline jaune, Gobemoucheron gris-bleu, Paruline à gorge jaune, Paruline des prés), et le Viréo à moustaches qu’on trouve également en Floride. Quelques oiseaux propres à la région des Antilles (Petit Carouge, Quiscale noir, Oriole à capuchon) sont présents en grand nombre et le Pic poignardé, endémique à Cuba, vient également enrichir notre liste.

Une petite promenade en barque nous permet de faire la connaissance d’une famille de Jacanas du Mexique; cette espèce tropicale est dotée de doigts immenses qui lui permettent de marcher sur les feuilles flottantes. Chez l’oiseau au vol, on remarque facilement les sous-alaires jaune vif et les pattes disproportionnées qu’il traîne derrière lui. Au cours de cette très instructive excursion en chaloupe, nous avons aussi eu le bonheur de découvrir le dépotoir de Guamá qui est assorti, comme il se doit, d’un dortoir d’Urubus à tête rouge; cette sympathique espèce est omniprésente à Cuba, où elle semble moins farouche que sous nos latitudes.

À notre retour de Guamá, nous faisons halte au restaurant El Colibrí, dont le proprio parle français (la légende veut qu’il chante volontiers la pomme aux Françaises) et où l’on peut déguster de la viande non pas de colibri, mais de crocodile! C’est dans cet endroit peu ordinaire que nous rencontrons Osmani, ornithologue à l’emploi du parc depuis plusieurs années. Quelques minutes de conversation suffisent à nous convaincre qu’il est l’homme qu’il nous faut comme guide pour les deux prochains jours. Sa connaissance de l’anglais se limite aux noms d’oiseaux (ce qui est déjà très utile); pour les anecdotes savoureuses (du plus pur style ornithologique, ça va de soi), les commentaires inutiles sur le temps qu’il va faire et les négociations concernant l’heure des repas, on procédera donc en espagnol.

Notre guide prend donc place dans notre véhicule et nous partons à la découverte des oiseaux du marais de Zapata, plus précisément de la région qui borde la baie des Cochons (bahía Cochinos). C’est dans cet endroit au nom si poétique qu’a été repoussée sans ménagement la fameuse tentative d’invasion orchestrée par les " impérialistes " américains en 1961 (ce glorieux épisode tient une place de choix dans la littérature révolutionnaire cubaine). Nous nous arrêtons un instant, pour " cocher " un groupe de Corneilles de Cuba perchées près de la route, puis nous longeons la côte pour arriver à la Cueva de los peces (caverne aux poissons), l’entrée d’un gouffre rempli d’eau salée qui atteint 70 m de profondeur. On peut y voir des dizaines de poissons multicolores qui sont venus de la mer par un passage souterrain. Nadia et Anne profitent de l’occasion pour faire trempette dans cet aquarium naturel pendant que nous explorons les alentours.

La zone est formée d’un chapelet d’anciennes îles coralliennes qui se sont peu à peu fusionnées à la côte, ce qui explique la formation de ces cavernes et la présence de roches aux formes les plus bizarres. À cet endroit, la forêt est peuplée de milliers de jolis crabes multicolores qui tentent même de monter aux arbres et qui brandissent une paire de pinces menaçantes lorsqu’on les approche. Selon Osmani, ces charmants crustacés passent presque toute leur vie sur la terre ferme et on les retrouve jusqu’à 25 km de la mer; ceux qui sont bariolés de rouge et de noir sont bons à manger, mais pas les jaunes!

C’est dans ce milieu étonnant que nous faisons tout d’abord la connaissance de la Paruline de Fernandina, endémique. Un peu plus loin, du côté de Bermejas, nous découvrons l’Amazone à face rouge, de la famille des perroquets, le Merle vantard, le Pic à sourcils noirs et notre vieille connaissance la Paruline noir et blanc, en plus de nombreuses espèces endémiques : le très élégant Trogon de Cuba (emblème aviaire de l’île), le Todier de Cuba (lointain cousin des martin-pêcheurs, dont il a la silhouette), le Pic de Fernandina (espèce rare qui ressemble à un Pic flamboyant délavé), le Viréo de Cuba et deux membres du groupe des bruants, le Chanteur à face jaune et le Sporophile négrito. À l’aide d’un simple canif, Osmani ressuscite son magnétophone qui semblait irréparable et attire jusqu’à nous un autre endémique, la minuscule Chouette de Cuba, en faisant jouer son cri.

Après le souper, nous faisons une courte halte dans un champ vrombissant de moustiques, ce qui explique sans doute la présence de l’Engoulevent peutonvoir; puis nous cherchons en vain des hiboux pendant une bonne partie de la soirée, et nous arrivons à une heure tardive à Jagüey Grande où nous logeons pour la nuit. Heureusement, le père de la famille qui nous accueille est un collègue d’Osmani qui sait ce que sont les horaires des ornithologues. Nous évitons de prolonger la conversation avec tout ce beau monde parce que le lever est prévu pour 5 h 30.

Le lendemain 24 août, il fait encore nuit noire lorsque nous quittons Jagüey Grande. Après une autre tentative infructueuse pour voir des hiboux, nous nous dirigeons vers Peralta où, selon Osmani, se trouvent quelques-unes des espèces les plus intéressantes qu’on peut observer dans le coin. Nous laissons l’auto au bord de la route et nous parcourons à pied plusieurs kilomètres sur une jetée de terre battue qui traverse le marais. Chemin faisant, nous surprenons un Courlan brun et revoyons le Pic de Fernandina, puis nous avons la chance de voir un couple de Bruants de Zapata, l’une des trois espèces endémiques découvertes par Fermín Cervera au début du siècle. Ce passereau à l’allure banale et à la face ornée de jaune est peu farouche et se laisse facilement observer de près. Soudain, tout près de nous, un gros rapace foncé s’envole et disparaît avant que nous ayons pu lever nos jumelles. Osmani nous assure qu’il s’agit d’un Épervier de Cuba, autre espèce endémique qui se laisse très difficilement observer et qu’on identifie habituellement à sa taille et à son allure générale, faute de mieux.

L’oiseau le plus légendaire du coin, celui qui ferait fantasmer n’importe quel ornithologue digne de ce nom, c’est le Râle de Zapata, qu’Osmani n’a aperçu que deux fois en huit ans de dur labeur dans la Ciénaga et qui, selon lui, n’a été vu que par trois touristes au total! Depuis la découverte de cette espèce dans le coin de Santo Tomás, Osmani et ses collègues l’ont retrouvée dans deux ou trois endroits du marais de Zapata, dont celui vers lequel nous nous dirigeons, justement! Tout en cheminant sous le soleil, chacun de nous se demande secrètement s’il sera le quatrième à avoir ce privilège...

Après avoir fait une halte et écouté pendant quelques minutes, voilà notre guide qui quitte la jetée et s’avance dans le marécage sans l’ombre d’une hésitation, avec de l’eau jusqu’au genoux, et Étienne qui le suit! Pour ma part, je me décide enfin à me mouiller les pieds et à rejoindre Osmani et Étienne non sans avoir eu une pensée pour les crocodiles qui peuplent ce lieu; en plus de ces charmants sauriens, le marais doit grouiller de parasites affamés qui n’attendent que notre visite. J’ignore encore si Étienne a oublié la phobie des sangsues qui l’habite depuis sa tendre enfance; je décide de ne lui en parler que lorsque nous aurons rejoint la terre ferme. Nadia et Anne, dont les ambitions ornithologiques sont plus raisonnables, préfèrent jouer sur le sable avec des cailloux en attendant notre (éventuel) retour.

Après avoir pataugé dans l’eau boueuse et tiède pendant une bonne demi-heure, parfois enfoncés jusqu’à mi-cuisses, nous repérons enfin celui que nous cherchons : un Troglodyte de Zapata qui a pris possession d’un buisson au milieu du marais et qui répond à notre enregistrement. L’espèce, également découverte par Cervera et endémique à la région, a une livrée assez sombre et une silhouette plus trapue que ses cousins de nos régions. Une fois revenu au sec, c’est avec une certaine appréhension que j’inspecte mes jambes sous le regard amusé d’Osmani. Je ne découvre qu’un modeste escargot qui s’est glissé dans le bas de mon pantalon.

Nous retrouvons ensuite notre auto et nous rendons à Molina. Tout en revoyant de nombreuses espèces qui figurent sur notre liste depuis hier nous avons la surprise de reconnaître deux oiseaux bien connus dans les régions plus nordiques, le Balbuzard pêcheur et le Moqueur polyglotte. Nous découvrons le Quiscale violet, endémique à Cuba, la Tourterelle à queue carrée et sa cousine la Colombe de Gundlach ainsi que l’Hirondelle à front brun, reconnaissable à son croupion orangé, et le Tyran de La Sagra, dont on n’est jamais sûr d’avoir écrit le nom correctement.

Au retour, nous décidons de visiter quelques endroits où devrait se trouver le Colibri d’Hélène, qui est le plus petit oiseau du monde, en commençant par les environs de la Cueva de los peces. Il fait très chaud, nous avons derrière nous deux jours d’ornithologie intensive et mon intérêt pour cette course à l’oiseau rare tend à s’estomper. Comme il y a longtemps que je rêve d’attraper l’un de ces crabes qui peuplent la forêt, je me hasarde enfin à en saisir un (pas trop gros) par l’arrière de la carapace, comme il se doit. Ma prise à la main, je m’engage fièrement à la suite du groupe lorsque je vois sortir de sous mes pieds un serpent noir d’un mètre de long, qu’Osmani et Étienne ont enjambé sans l’apercevoir! Tout en regardant s’éloigner le reptile, je m’étonne rétrospectivement de n’avoir même pas sursauté en le voyant (pure inconscience sans doute); le crabe, toujours captif, met à profit cet instant de distraction pour pincer vigoureusement l’un de mes doigts qui passait à sa portée et je pousse un grand cri, effarouchant probablement des dizaines d’oiseaux et portant un préjudice impardonnable à la concentration des membres de l’équipe.

Plutôt que de risquer de compromettre l’expédition par quelque autre bévue, je décide donc d’aller attendre tout ce beau monde sur la plage toute proche, aussitôt imité par Anne et Nadia. Dès que nous avons le dos tourné, Osmani et Étienne en profitent pour observer une Buse noire perchée tout près d’eux, mais finalement personne ne parvient à " cocher " le Colibri d’Hélène tant convoité.

En ce matin du 25 août, après une autre courte nuit, lever à 4 h 15 et départ à 4 h 45 en direction de Soplillar. À notre grand étonnement, les rues mal éclairées de Jagüey Grande sont déjà pleines de gens qui circulent à pied, à bicyclette, à cheval ou en tracteur, et tout le monde semble avoir déjà commencé sa journée de travail. C’est sous le ciel étoilé qu’Osmani, toujours armé de son magnétophone, fait venir jusqu’à nous le Petit-Duc de Cuba, encore une espèce endémique. Nous entendons également le Hibou maître-bois sans parvenir à l’apercevoir. Il y a tellement de moustiques qu’Anne et Nadia, après avoir essayé toutes les autres recettes (tapes sur les joues, citronnelle, muskol), en sont réduites à fumer à la chaîne. Après avoir assisté au lever du soleil, nous nous rendons au camino de Párpite, où nous avons la surprise de revoir le Pic flamboyant en plus de quelques espèces aperçues peu de fois au cours du voyage (Courlan brun, Viréo de Cuba), mais toujours pas de Colibri d’Hélène qui est pourtant présent dans le coin, paraît-il.

Malheureusement il est déjà l’heure de nous séparer d’Osmani, grâce à qui ces journées ont été extrêmement fructueuses. Nous nous dirigeons aujourd’hui même vers Trinidad, ville coloniale que nous avons prévu de visiter (il faut bien savoir faire autre chose que de l’ornithologie!) Après quelques kilomètres, nous ajoutons tout de même à notre liste l’Échasse d’Amérique aperçue dans une mare au bord de la route.

Nous avons eu un bel aperçu de la faune ailée du marais de Zapata, et l’endroit mérite certainement une seconde visite, peut-être dans quelques années, ne serait-ce que pour voir le plus petit oiseau du monde. Quel que soit le nombre d’espèces observées, il est bien évident que nul ne peut prétendre connaître à fond les oiseaux de cette région. Bien sûr, on peut rêver d’observer le Râle de Zapata, qui n’a été aperçu que par une poignée de privilégiés et dont on ne connaît rien, si ce n’est qu’il est présent dans deux ou trois sites de l’immense Ciénaga. Osmani, lui qui n’hésite pas à s’enfoncer dans la boue au mépris des crocodiles pour trouver un oiseau, nous a confié que seule une petite portion du marais avait été explorée et que de grandes parties de celui-ci restaient tout simplement inaccessibles; on peut donc supposer que certaines espèces sont beaucoup plus communes qu’on le pense, et imaginer que quelques autres restent à découvrir. Il paraît aussi que sur un enregistrement de chants d’oiseaux du marais, il y a un son qu’aucun spécialiste n’est jamais parvenu à identifier... La Ciénaga de Zapata restera encore longtemps enveloppée de mystère, quel que soit le nombre d’oiseaux qu’on a pu y observer.